Réunion préparatoire du FSMET 2020 : les participant(e)s prennent la parole
июня 7, 2019 8:46Après la réunion préparatoire qui s’est tenue à Barcelone en avril dernier, le processus vers le Forum mondial des économies en transformation (FSMET 2020) commence. Par conséquent, nous voulions donner la parole à certaines des personnes qui ont participé à cette réunion.
La première réunion internationale préparatoire du Forum Social Mondial des Économies Transformatrices 2020 (FSMET 2020) s’est tenue à Barcelone les 5, 6 et 7 avril. Elle a rassemblé plus de 300 personnes de 46 pays du monde entier représentant des entités liées à la transformation des économies, des réseaux et des mouvements au niveau local et international.
La réunion a été la première étape dans le processus de confluence entre les mouvements et les actions transformatrices de l’économie, au cours de laquelle les différents acteurs ont appris à se connaître et établis les défis à débattre et le chemin vers la réunion FSMET 2020.
Une fois la réunion terminée, le RIPESS a jugé intéressant de donner la parole à plusieurs des participant(e)s à la réunion, venant de différentes parties du monde, de différents mouvements et avec des expériences différentes, mais tous et toutes avec le même objectif commun : travailler et converger pour transformer les économies et montrer qu’un autre monde existe déjà. Et cela n’est possible qu’en unissant les forces, les solutions et les pratiques pour construire un Agenda mondial inclusif au niveau local, et en surmontant les grands défis d’aujourd’hui.
Dans cet article, chacune de ces personnes explique son expérience au cours du forum préparatoire, ainsi que pourquoi elles considèrent qu’un espace tel que le FSMET 2020 et la dynamique de convergence sont nécessaires dans la sphère des économies en transformation. Enfin, plusieurs d’entre eux expriment l’objectif ultime de ce processus, qui a débuté en avril 2019 et qui est déjà en route pour la réunion de Barcelone en 2020.
Josette Combes, RIPESS Europe
Cette réunion préparatoire laisse augurer une suite riche en interactions mais aussi montre les difficultés à établir les convergences pourtant essentielles pour assurer un avenir aux espèces vivant sur la planète dont une partie de plus en plus importante est menacée d’extinction, et à terme l’espèce humaine elle-même. Même si une certaine prise de conscience commence à progresser, notamment au sein des jeunes générations, il est urgent de rassembler toutes les énergies pour faire basculer les paradigmes actuels de l’économie d’une course forcenée au profit vers une gestion raisonnée des ressources et un meilleur équilibre social et écologique.
Toutes ces dimensions travaillées forment une approche holistique cohérente dont chaque partie peut se considérer comme un acteur légitime. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre mais bien de proposer des actions concrètes, actuelles, efficaces, capables par leur démonstration d’entraîner l’adhésion d’une masse plus importante de gens qui deviendront eux-mêmes acteurs du changement.
Denison Jayasooria, Présidente de l’ASEC – RIPESS Asie
A mon avis, la thématique et l’agenda de ce processus mondial sont nécessaires et le FSMET 2020 donne de l’espace à cette conversation mondiale. Nous avons vraiment besoin de plus de séances sur le contexte de la lutte, ainsi que sur les façons pratiques dont les gens abordent la question sur le terrain d’une manière innovatrice et créative.
Je dois avouer que j’ai été impressionné par les mouvements venant d’Europe, en particulier d’Espagne. Ils ne sont pas organisés uniquement autour de projets ou de programmes. Ils partagent les valeurs de l’Économie Sociale Solidaire (ESS) ce qui peut se voir dans le travail d’équipe, dans l’alimentation et dans leur comportement. D’un autre côté, du côté asiatique par exemple, je vois davantage d’organisations qui ne sont pas vraiment des mouvements. Cela se produit aussi dans d’autres parties du monde et, par conséquent, d’ici mai 2020, nous devons élargir les mouvements. Pour cela, des réunions régionales seront donc indispensables pour donner une impulsion au FSMET 2020.
Le FSMTE 2020 doit véritablement représenter une image globale du mouvement de transformation des économies en termes de visibilité, de voix et de préoccupations, y compris les intervenants et les modérateurs.
Claudia Álvarez, Campagne pour un curriculum mondial pour l’ESS*.
Le FSMET 2020 configure un scénario politique, basé sur des structures participatives, de dialogue et de débat, dans la construction d’un agenda public. Un forum de convergence socio-économique qui est une priorité face à la diversité des sens et des recherches. Un forum qui, face à l’avancée des processus de mercantilisation capitaliste, permet de rendre visible la coexistence dans les territoires de configurations communautaires et autogérées, de dénoncer les logiques prédatrices du capitalisme envers la nature, de donner une visibilité aux modèles non coloniaux, non patriarcaux de consommation, production et échange, ainsi qu’à la recherche collective des défis urgents.
J’interprète que l’objectif final d’un processus tel que le FSMET 2020 devrait être de faire progresser l’institutionnalité des économies en transformation. Une institutionnalité exige la reconnaissance des formes et logiques de travail, des échanges multiréciproques, des relations de sociabilité sur lesquelles des normes et règles de fonctionnement sont établies, reflétées dans les lois, règlements et institutions sociales.
*La Campagne est un mouvement qui travaille sur l’éducation et la recherche.
Natalia Resimont, Quartiers du monde.
Lors du FSMET, nous avons pu participer à nombreux espaces de réflexions et depuis notre position d’économie féministe, il a été agréable de constater que les propositions ont été entendues. Le défi d’ici 2020 sera de pouvoir intégrer des nouveaux acteurs, réseaux venant des horizons différents, tel : l’eco-féministes, les nouvelles masculinités, entre autres qui questionnent la construction sociale du patriarcat en tant que système de domination masculine et son lien avec l’économie dominante d’exploitation et accumulation. Un autre défi sera d’intégrer les propositions issues du FSMET 2019.
De manière générale, il nous a semblé nécessaire, malgré une importante diversité territoriale, d’élargir la représentativité des organisations sociales et des personnes mobilisées pour avoir plus diversité aussi dans les contextes socio-économiques et politiques représentés qui permettent un dialogue suds-nords sur les enjeux soulevés dans le forum.
Quartiers du Monde adhère à la position et propositions du groupe d’économie féministes : il n’y aura pas de transformation sans repenser les systèmes dominants (capitaliste et patriarcale) et leurs mécanismes de reproduction d’inégalités, d’exclusion et de violences. Pour qu’une économie soit réellement transformatrice, il nous semble indispensable qu’elle intègre dans sa proposition une gouvernance inclusive et participative, une rupture avec la division sexuelle du travail, une valorisation du « care », et une lutte contre toute types de violences.
*Quartiers du monde concentre son travail sur le féminisme et la perspective du genre.
Xavier Rubio, Chef du Département de l’Économie Sociale et de l’Alimentation et des Politiques Urbaines, Mairie de Barcelone.
La réunion préparatoire d’avril 2019 a été un moment important dans le processus de création d’un Forum Social Mondial des Économies Transformatives. Cela a été en fait une première étape importante, nécessaire mais qu’il faut intensifier pour que le printemps 2020 rassemble à Barcelone les mouvements locaux et mondiaux, articulateurs d’alternatives transformatives.
A partir de l’action qui transforme les politiques publiques, nous considérons nécessaire, et nous voulons contribuer, afin de construire parmi et avec les mouvements, un agenda de politiques publiques au niveau mondial qui interpelle les gouvernements, afin de promouvoir et renforcer les économies en transformation.
En fait, l’objectif de l’arrivée (plutôt que la » fin « ) du FSMET 2020 devrait être la co-construction d’un agenda pour le changement de tous les mouvements et actions, la décision des instruments et de la gouvernance pour développer cet agenda ainsi que son processus de suivi et reconstruction.
*Xavier Rubio apporte sa vision et son expérience sur les politiques publiques.
Erinch Sahan, directeur générale, Organisation Mondiale du Commerce Équitable (WFTO)*
Le Forum Social Mondial des Économies Transformatives sera un moment historique. Il est fondamental dans la lutte pour une économie qui fonctionne pour les gens et la planète. La réunion préparatoire a été ma première expérience d’un processus du Forum Social Mondial et je l’ai quittée avec énergie et conviction. Il y a beaucoup de voix, d’expériences et d’idées qui doivent façonner la voie de la transformation de nos économies. Cela ne peut se faire qu’au moyen d’un processus véritablement populaire et ascendant. C’est exactement ce qu’a fait la réunion préparatoire. C’est vraiment un espace inclusif dans lequel il n’y a pas d’agenda politique prédéterminé.
La tâche qui nous attend est énorme. Des intérêts bien ancrés se battront pour le statu quo et feront valoir que leurs efforts sont suffisants et qu’une solution de rechange n’est pas viable. Mais il existe déjà un autre monde, à la fois viable et souhaitable. Au sein de notre mouvement du commerce équitable, nous avons déjà des entreprises construites pour faire passer les gens et la planète avant le profit. A cela s’ajoutent des exemples de toute l’Économie Sociale Solidaire, y compris l’agroécologie et la souveraineté alimentaire, l’économie féministe et les mouvements pro-communs. Notre travail à Barcelone en 2020 consistera à nous préparer à élargir les transformations déjà en cours. Nous serons prêts.
*La WFTO est un mouvement qui œuvre pour le commerce équitable.
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8ème Assemblée Générale du RIPESS Europe, 5 – 6 juillet, Lyon (France)
июня 5, 2019 5:10
L’Assemblée Générale du RIPESS Europe aura lieu entre le 5 et le 6 Juillet dans des salles de la Mairie du 4e arrondissement. Les membres auront aussi la possibilité de visiter des initiatives locales de l’ESS dans des quartiers de Lyon et de participer aux échanges et animations des Dialogues en Humanité.
Au regard de divers activités menées par nos membres dans le cadre de la promotion de l’Economie Solidaire, il sera question de mutualiser nos efforts pour le renforcement de l’Economie Solidaire en Europe.
Pour plus d’information, vous pouvez visiter la page web.
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Conférence internationale : « Mise en œuvre des objectifs du développement durable : quel rôle pour l’ESS », 24-26 juin, Genève
июня 5, 2019 4:51
Cet événement fait partie d’une série de conférences résultant de l’appel à communications « Mise en œuvre des objectifs du développement durable » : Quel rôle pour l’Économie Sociale Solidaire « , lancé par l’Équipe spéciale interinstitutions des Nations Unies sur l’économie sociale et solidaire (UNTFSSE) en 2018 et organisé par l’UNRISD.
Avec l’appel à communications, l’UNTFSSE visait à identifier et à mobiliser la recherche de différentes régions et territoires qui, en examinant de manière critique le rôle de l’ESS, peuvent contribuer aux efforts de l’Équipe spéciale pour intensifier et promouvoir l’ESS comme moyen de mise en œuvre des ODD.
Plusieurs membres du RIPESS Intercontinental y seront présent.
Pour toute l’information, vous pouvez visiter la page web.
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Le réseau INAISE, nouveau membre international du RIPESS Intercontinental
мая 31, 2019 12:23
Ce 2019, INAISE a rejoint le RIPESS Intercontinental en tant que membre international de plein droit. La collaboration avec ce réseau mondial dédié à la finance sociale et solidaire est une très bonne nouvelle pour tous et s’inscrit dans la volonté du RIPESS d’intégrer les différents acteurs internationaux de l’ESS.
Le réseau INAISE est le réseau mondial dédié à la finance sociale et solidaire et qui rassemble des acteurs pionniers et historiques du secteur. Le réseau regroupe toutes les parties prenantes qui sont en accord avec sa Charte et qui soutiennent le développement durable, l’économie sociale solidaire, ainsi que le développement rural. Ces acteurs sont riches par leur diversité géographique et constituent un large éventail de types d’organisations.
Étant donné que les membres d’INAISE interviennent tous en économie sociale solidaire, une collaboration officielle, en devenant membre du RIPESS serait bénéfique pour tous. Tel que l’a indiqué Pauline Boinot, coordinatrice d’INAISE, « en devenant membre du RIPESS nous souhaitons inciter les acteurs de la finance sociale et solidaire à se joindre à un réseau plus large en économie sociale afin de se consolider, de se rassembler et de partager leurs connaissances ».
De sa part, Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental, a exprimé l’importance que cette collaboration a pour le RIPESS. « En devenant membre du réseau, INAISE non seulement aide le RIPESS à renforcer sa présence internationale dans la thématique de la finance sociale solidaire, mais aussi stimule le débat dans le sein du réseau sur cette thématique clé pour l’ESS », explique Nardi.
Avec cette nouvelle incorporation, le RIPESS Intercontinental est maintenant composé de 9 membres. Six membres continentaux (RAESS – Ripess Afrique ; RIPESS LAC – Amérique Latine et Caraïbes ; RIPESS NA – Amérique du Nord ; ASEC – Asie ; RIPESS EU – Europe ; RIPESS Océanie) ainsi que trois organisations internationales (Urgenci, GSEF et INAISE).
Pour plus d’information sur le réseau INAISE, vous pouvez visiter leur site web, leur page Facebook ou leur écrire un email.
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10e édition de l’Académie d’économie sociale et solidaire (ESS) de l’OIT, 3 – 7 juin 2019, Turin
мая 31, 2019 5:40
Cette académie offre des perspectives pratiques pour stimuler l’innovation sociale par le biais de l’ESS. Il s’agit d’un forum interactif et multidisciplinaire où les professionnels, les décideurs et les chercheurs peuvent partager des idées novatrices et des expériences réelles. Plusieurs membres du RIPESS EU seront présents à la conférence !
Pour plus d’informations, cliquez ici.
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Conférence internationale : « REScoops et autorités locales : transformer les communautés par la collaboration », du 30 mai au 1er juin.
мая 31, 2019 5:25
Cette conférence de 3 jours aura lieu à Zagreb, Croatie les jeudi 30 mai, vendredi 31 mai et samedi 1er juin 2019. La conférence internationale des jours 1 et 2 coïncidera avec la 6ème Assemblée Générale de REScoop.eu le jour 3. Notre membre RIPESS EU assistera à la conférence.
La conférence de cette année se concentre sur la manière dont les RES Coop et les autorités locales peuvent transformer les communautés par la collaboration et met en vedette les RES Coop européennes, les autorités locales (y compris les villes et les municipalités) et un groupe d’acteurs locaux du réseau RIPESS, le projet Compile et la région des Balkans en général.
Consultez toutes les informations sur leur site web.
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RESSCAM se réunit avec le Ministre de l’ESS du Cameroun
мая 21, 2019 14:03
Compte rendu de la réunion qu’a maintenu en avril passé le Réseau de l’ESS du Cameroun, membre du RAESS – RIPESS Afrique, avec le nouveau Ministre des Petites et Moyennes Entreprises de l’Economie Sociale et de l’Artisanat pour traiter plusieurs sujets important pour l’ESS.
Le 12 avril passé, le nouveau Ministre des Petites et Moyennes Entreprises de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (MINPMESSA) du Cameroun, Mr Achille BASSILEKIN III, a reçu en audience pendant une heure la Coordonnatrice du RESSCAM, Elise Pierrette Memong Meno, qu’accompagnait Mme EBOBISSE, Responsable des AGR au sein de ladite structure.
Ils ont échangé sur les propositions faites par le RESSCAM, à savoir l’opportunité d’un partenariat formel entre le MINPMEESA et le RESSCAM, les actions conjointes à mener à court termes, l’accompagnement du RAESS à plus de visibilité, la participation importante du Cameroun au Forum Social Mondial des Économies Transformatrices 2020 (FSMET) et l’éventualité pour le Cameroun d’abriter la prochaine rencontre africaine de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) qu’organisera le RAESS en 2021.
Le Ministre s’est montré très favorable à ces divers points de discussions et à instruit ses collaborateurs de préparer leur mise en œuvre.
Cet appui institutionnel viendra à coup sûr booster le travail du RESSCAM que le Ministre a par ailleurs reconnu et félicité.
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Début de la réunion préparatoire internationale pour le FSMET 2020
апреля 4, 2019 13:56
Plus de 300 personnes de 46 pays différents se réunissent du 5 au 7 avril à l’Université de Barcelone, dans le cadre de la première réunion internationale préparatoire au Forum Social Mondial des Économie Transformatives (FSMET 2020). Il s’agira d’une réunion de travail avec des entités liées à la transformation des économies, des réseaux et des mouvements au niveau local et international.
L’objectif est de connaître les différents acteurs, de définir les défis à débattre et le processus vers le FSMET 2020. Il est également prévu de convenir des plans de travail, du modèle de gouvernance et de valider les prochaines étapes à suivre.
Cette rencontre sera la première étape du processus de confluence entre les mouvements et les actions qui transforment l’économie. La prochaine étape de ce processus sera le FSMET de 2020, qui se poursuivra ensuite avec un agenda mondial commun qui recueillera les défis communs et la manière de les relever dans les économies en transformation.
Le RIPESS, en tant que l’un des trois réseaux moteurs du FSMET 2020, accueille toutes les personnes et organisations d’ESS à Barcelone et nous vous souhaitons une réunion très fructueuse !
Pour toutes les informations sur le FSMET 2020 et le processus qui commence aujourd’hui, vous pouvez visiter le site du Forum www.transformadora.org
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» Le FSMET 2020 veut créer un espace ouvert de dialogue et de construction entre ceux qui pratiquent une autre économie «
апреля 1, 2019 13:30
Entretien avec Jason Nardi, Coordinateur Intercontinental du RIPESS, à propos du Forum Social Mondial des Économies Transformatrcies (FSMET 2020) qui débute cette semaine à Barcelone.
La première réunion du Forum Social Mondial des Économies Transformatives (FSMET 2020) se tiendra à Barcelone du 5 au 7 avril et servira mettre en place les bases du processus qui nous mènera jusqu’en mai 2020, date de la réunion principale.
Le RIPESS, en tant que Réseau International pour la Promotion de l’Économie Sociale Solidaire, est l’un des trois réseaux promouvant ce processus, avec le Réseau des réseaux d’économie alternative et solidaire d’Espagne (Reas) et le Réseau catalan d’économie solidaire (XES). Nous avons donc interviewé Jason Nardi, Coordinateur du RIPESS Intercontinental, pour expliquer pourquoi il a été décidé de promouvoir le FSMET 2020, les objectifs poursuivis et les opportunités offertes au RIPESS pour participer au processus.
Pourquoi le RIPESS est-il l’un des réseaux moteurs du FSMET 2020 ?
Le RIPESS est un réseau composé de différents réseaux, plates-formes, campagnes et initiatives très hétérogènes dans le monde. Parmi les différents pays et continents, nous trouvons des expériences qui s’identifient à l’économie sociale et solidaire (ESS) plus centrées sur l’aspect communautaire, d’autres qui se concentrent sur l’aspect commercial du développement local et coopératif, d’autres encore qui s’intéressent davantage au soins des personnes, à la défense des droits et de la nature et à la façon dont nous pouvons repenser l’économie pour préserver l’environnement où nous vivons et promouvoir une vie plus libre et digne.
C’est pourquoi le RIPESS, en tant qu’entité de coordination, est ouvert aux différentes manières d’interpréter une autre économie, de se rencontrer et de travailler ensemble avec d’autres visions et d’autres mouvements alternatifs à l’économie de marché néolibérale dominante, qui est contraire aux valeurs que nous représentons.
Ainsi, dans différents espaces de dialogue avec d’autres mouvements, nous avons vu combien de fois il y a non seulement des luttes communes, mais aussi des complémentarités et des possibilités de coopération pour avoir une voix plus forte qui peut se multiplier et être reconnue comme une voix plurielle des citoyens qui cherchent une autre société.
Quel est le point de départ du FSMET 2020 ?
Il y a un besoin de passer à un autre niveau. Il ne s’agit pas d’une croissance économique des activités de l’économie solidaire, mais une croissance intellectuelle, de notre expérience et de notre capacité à influencer la société.
Ainsi, un forum comme celui-ci est une tentative de créer un espace ouvert entre ceux qui pratiquent une autre économie. Ce n’est pas seulement imaginer ou théoriser. Il ne s’agit pas d’une rencontre d’économistes hétérodoxes, mais une rencontre entre réseaux et expériences qui pratiquent une autre économie.
Pourquoi un processus comme le FSMET 2020 est-il nécessaire pour des mouvements qui construisent une autre économie ?
Pour le RIPESS, l’idée de confluence est à la base de notre approche stratégique de ces dernières années. Le RIPESS est la fille de la confluence de mouvements sociaux, comme le Forum Social Mondial ou d’autres espaces entre mouvements, qui luttent pour la souveraineté alimentaire aux Nations Unies et entre les différentes manières de valoriser les traditions et l’innovation sociale.
Mais ces espaces mondiaux de partage de luttes et de propositions, de campagnes et de solutions ne sont pas nombreux. Et il n’est pas facile de les organiser parce que chaque initiative, chaque réseau, chaque organisation a sa structure, sa culture de travail, de rencontre, sa modalité de participation et parfois, si un espace n’est pas bien perçu comme ouvert et accueillant, les gens ne participent pas.
C’est ce qui est arrivé au Forum Social Mondial, qui a commencé comme un véritable espace pour partager des luttes globales entre mouvements très locaux, mais avec une forte orientation politique. Cependant, faute de capacité à organiser ces espaces, il s’est transformé en un espace qui n’est ni un mouvement, ni un véritable lieu de confluence.
Que manquait-il alors ?
Il manquait une approche plus spécifique que de reconnaître que nous avons des problèmes mondiaux communs, mais que nous sommes déjà en train de construire des solutions et que nous pouvons les mutualiser dans une modalité de communauté open source. Et que nous devons travailler pour surmonter les difficultés que nous avons à organiser ces espaces.
En fait, en ce sens, je considère le RIPESS comme un agent provocateur. Parmi les réseaux dans lesquels nous sommes impliqués dans le monde entier, nous voyons de plus en plus de secteurs différents qui se reconnaissent comme faisant partie de l’ESS. Non pas parce que nos principes d’ESS ont été modifiés ou étendus, mais parce que ce sont les mêmes producteurs et, surtout, les consommateurs qui sont aujourd’hui plus conscients de l’interconnexion entre les différents niveaux.
Par conséquent, pour le RIPESS, le FSMET 2020 est une occasion très importante de pratiquer le réseautage alternatif, les affaires, la communauté et les soins de la vie, ce qui est la caractéristique de l’ESS. Nous croyons que cette approche de réseautage et de confluence peut être transférée à d’autres plans et c’est notre contribution.
Comment intégrer différentes visions du monde dans l’ESS ?
Je pense que nous devons nous permettre d’être positivement contaminés par les innovations qui, ces dernières années, se sont considérablement développées dans différentes parties du monde. Les propositions des économies féministes, par exemple, qui ne sont pas seulement une exigence de justice de genre, mais une vision différente de la manière d’organiser la société, le travail, les soins, la relation entre les personnes, etc.
Cela doit être intégré et faire partie d’une vision de l’ESS, non seulement parce que c’est un principe, un droit fondamental, mais aussi parce que cela fait partie de la solution.
Quelque chose de semblable se produit avec les visions indigènes sur la façon d’organiser une économie résiliente, respectueuse de la mère terre et de son caractère sacré, qui n’est pas religieuse au sens occidental du terme, mais comprise comme une cosmovision. Cette vision plus large et plus globale est une contribution très importante à toutes les initiatives que nous promouvons chaque jour par des coopératives de personnes qui travaillent ensemble horizontalement.
Le FSMET 2020 a son premier grand événement cette semaine à Barcelone, que va-t-il se passer à partir de maintenant ?
Le Forum fait partie du processus plus général du FSM parce qu’il partage avec lui non seulement le fait que ce sont des mouvements sociaux qui sont à la base de la transformation, mais aussi que nous ne voulons pas créer un nouveau réseau de réseaux ou un mouvement politique -ce qui ne veut pas dire que nous ne faisons pas de politique.
L’objectif est donc de créer un espace qui permette l’échange stratégique de la co-construction avec un processus à long terme. Et le Forum est un moment de ce processus, qui est une activité à construire ensemble sans être une entité unique qui fait le programme et décide de tout, mais non plus avec une autogestion totale.
Et dans quel but ?
L’objectif principal ici est celui de la confluence. Pourquoi la confluence ? Voir quel est le minimum dénominateur commun multiplicateur qui nous permet de construire un agenda d’action commun, selon la définition de Carlos Askunze.
Si ce processus fonctionne réellement, comme nous l’espérons, en 2020 après une année d’interaction virtuelle au niveau international et de confluences locales ou translocales, nous ferons déjà une proposition qui sera validée au Forum et qui serait une sorte de programme politique d’un mouvement de mouvements, un mouvement pluriel. Telle est l’ambition de ce processus.
Comment le RIPESS aborde-t-il sa participation au Forum et au processus, et comment va-t-il fonctionner ?
Nous serons présents pour contribuer, mais surtout pour profiter d’une rencontre avec d’autres organisations qui peuvent contribuer à notre travail sur des questions sur lesquelles nous travaillons comme l’approche genre, les politiques publiques locales et internationales, les médias ou comment localiser les objectifs de développement durable (ODD), entre autres.
Dans le même temps, nous tenterons de donner une perspective spécifique sur la réorganisation des circuits économiques. Si nous voulons vraiment transformer l’économie, nous devons non seulement produire différemment, plus écologiquement, avec plus de droits, etc., mais nous devons aussi repenser la relation entre la production et la consommation, et la façon dont la distribution de la richesse est transformée.
Cela implique de repenser les systèmes publics et communautaires. Par exemple, quelle formule pouvons-nous appliquer lorsqu’il y a des services qui ont été privatisés, en gardant à l’esprit que nous ne voulons pas non plus qu’ils soient entièrement contrôlés par l’État ? Ou comment nous pouvons réimaginer économiquement le commerce international, les migrations ou les relations entre communautés qui ne sont pas dans la même biorégion.
Je crois que cela fait partie de la vision globale du RIPESS et que, par conséquent, nous pouvons apporter des idées et des formules de l’approche d’une économie solidaire de libération. Comme le défend Euclide Mance, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, où l’économie est une modalité de contrôle et de soumission, l’économie peut encore être un moyen de libération.
Enfin, le FSMET 2020 est aussi l’occasion pour le RIPESS de se renouveler, de se repenser, d’entrer en contact avec des réalités inconnues, avec des organisations et de nouveaux territoires pour nous. Par conséquent, du point de vue d’un réseau qui promeut un mouvement pour une autre économie, c’est une grande opportunité de connaître, de contribuer et d’être connu.
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Le Mali commence à élaborer l’avant-projet d’une loi sur l’organisation de l’ESS
апреля 1, 2019 12:05
Le Mali commence un processus de co-construction de politique publique entre le Gouvernement et les différents acteurs de l’ESS pour créer un loi sur l’organisation de l’ESS. Madani Coumare, du RENAPESS et membre du RAESS, nous explique comment se déroule cette expérience.
Écrit par Madani Coumare, du RENAPESS et membre du Réseau Africain de l’ESS (RAESS – RIPESS Afrique).
Du bien fondé
Les politiques publiques sont des mesures de soutien apportées à des domaines menacées ou qui ont besoin d’être davantage développés afin d’apporter des réponses structurelles durables aux difficultés.
C’est ainsi que, sous l’impulsion du réseau national d’appui à la promotion de l’économie sociale solidaire au Mali et avec l’accompagnement du centre d’étude et de coopération internationale du Canada, le Gouvernement du Mali a adopté, le 06 Octobre 2014, une politique nationale de promotion de l’économie sociale solidaire et son premier plan d’action quinquennal.
Malgré l’importance de la place et du rôle des organisations de l’économie sociale et solidaire dans l’économie malienne, les problèmes à résoudre en leur sein ou au niveau de leur environnement, qu’il s’agisse d’aspects généraux ou spécifiques, sont nombreux.
D’une manière générale les problèmes sont les suivants :
- l’inadaptation des dispositions législatives et règlementaires ;
- l’insuffisance qualitative et quantitative du personnel d’appui technique ;
- l’insuffisance de ressources matérielles et financières pour assurer les missions assignées aux différents acteurs ;
- la faiblesse des synergies entre les différentes organisations ;
- l’absence de mécanisme de financement approprié pour soutenir les entreprises de l’Économie Sociale Solidaire ;
- la faible capacité de gestion des organisations ;
- la faible connaissance du champ de l’Économie Sociale Solidaire ;
- l’insuffisance de l’accompagnement technique (formation, suivi et appui-conseil) aux organisations de l’économie sociale solidaire.
La Politique nationale de promotion de l’économie sociale solidaire (ESS) a retenu quatre (04) orientations stratégiques autour desquelles les actions pertinentes de son premier plan d’action national ont été bâties. Le premier axe stratégique porte sur le « Renforcement institutionnel, législatif et réglementaire » du secteur de l’ESS
Il s’agit de doter les acteurs d’un instrument légal (une loi nationale) pour leur permettre d’exercer au mieux leurs activités en harmonie avec les différents cadres légaux qui régissent les activités économiques dans le pays.
Cela a nécessité de construire un dialogue politique et de mener un fort plaidoyer.
De la relation avec le gouvernement
Le RENAPESS a obtenu du Gouvernement que le dialogue soit structuré à travers un comité représentatif de toutes les sensibilités légalement institués. Il s’agissait de donner à toutes les parties la possibilité de contribuer à l’élaboration du contenu du cadre légal (la loi) qui va les régir soit pensées avec elles.
Un cadre formel d’élaboration de la loi a été créé à travers une décision du département de tutelle institutionnelle.
Du processus de co-construction
Un dialogue politique s’est enclenché entre les pouvoirs publics et l’organisation de l’ESS au Mali à l’entame du processus d’élaboration de la politique nationale de promotion de l’ESS depuis 2009 sous le leadership conjoint de la Direction Nationale de la Protection Sociale et de l’Economie Solidaire (DNPSES), agissant au nom du Ministère en charge de l’économie sociale et solidaire et du Réseau National pour la Promotion de l’Économie Sociale et Solidaire (RENAPESS).
Le dialogue a concerné les acteurs suivants:
- au niveau politique (le ministère en charge de l’ESS, l’assemblée nationale)
- au niveau administratif (les départements ministériels en charge développement social, de l’économie et des finances, de l’emploi, de l’agriculture, de la promotion de la femme, les collectivités locales)
- au niveau de la société civile (RENAPESS, réseaux d’organisations d’appui à la base, de plaidoyer) ;
- au niveau des partenaires techniques et financiers (coopérations internationales ayant l’économie sociale et solidaire dans leurs agendas)
Le processus du dialogue autour de l’élaboration de la politique s’est construit autour des grandes étapes suivantes :
- Négociations du format de participation, des champs à couvrir et des acteurs à cibler avec les départements ministériels directement concernés et les partenaires techniques et financiers ;
- Identification des autres acteurs institutionnels et associatifs du dialogue, en vue de prendre en compte toutes les préoccupations et légitimer davantage la base du dialogue et du plaidoyer,
- Évaluation des organisations identifiées (statut légal, situation structurelle, organisationnelle et institutionnelle) en vue de constituer le noyau dur du plaidoyer et s’assurer des moyens autonomes disponibles nécessaires au maintien d’une participation régulière, de qualité et non liée ;
- Large information des acteurs identifiés sur le contexte ainsi que les rôles et responsabilités qui sont les leurs dans le processus;
- Atelier interne d’élaboration d’une vision stratégique partagée et des termes de références des positions à défendre et de collecte de la littérature de référence.
- Participation aux ateliers d’élaboration et de validation de l’avant –projet du projet de loi, durant tout le mois de février 2019 sous le leadership du ministère de la solidarité et de l’action humanitaire.
Des espaces d’échanges ont été organisés tout au long du processus avec trois (3) groupes de travail, comprenant les représentants mandatés et préparés par les organisations l’ESS.
Du contenu de la loi :
Pour mieux articuler les solutions que la loi propose et faciliter leur compréhension par l’ensemble des citoyens et des acteurs à différents niveaux, la loi a adopté les définitions du concept de l’ESS ainsi des catégories et caractéristiques des acteurs et organisations de l’ESS au Mali proposées dans le document de politique nationale de promotion de l’ESS.
Au sens de la politique nationale de promotion de l’Économie Sociale et Solidaire du Mali, elle est l’ensemble des activités de production et de distribution de biens et de services, menées par les sociétés coopératives, les mutuelles, les associations et autres organisations de type particulier basées sur la solidarité, le partage et le fonctionnement démocratique en plaçant les personnes au centre du processus de création et de jouissance de la richesse.
A la lumière de ces définitions et au regard des enjeux et défis du développement de l’ESS au Mali, le projet de loi aborde les aspects suivants jugés indispensables pour un cadre propice au développement de l’ESS au Mali.
- Typologie des organisations et des acteurs de l’ESS.
- Caractéristiques et procédures d’immatriculation organisations de l’ESS.
- L’administration des organisations de l’ESS.
- Conditions et moyens de développement des organisations de l’ESS.
- Fonctions des organisations de l’ESS.
- Rôles de l’État et des collectivités territoriales dans la promotion de l’ESS.
- Réseautage et unions des organisations de l’ESS.
- Mesures incitatives à la promotion de l’ESS.
- Régime fiscal et comptable applicables aux organisations de l’ESS.
- Promotion du commerce équitable et des valeurs universelles de développement de l’ESS.
- Financement des organisations de l’ESS.
- Protection sociale des membres des organisations de l’ESS.
- Migration du secteur informel vers l’ESS.
- Évaluation des organisations de l’ESS.
- Règles applicables aux modifications juridiques des organisations de l’ESS.
- Dispositions diverses, transitoires et finales.
Des bénéfices de la loi
- Les rôles et responsabilités de l’État et des acteurs des organisations de l’ESS, y compris ceux partageables, sont bien définis.
- Le développement de l’ESS est renforcé selon des orientations claires et précises répondant aux réalités socioéconomiques et culturelles;
- Les entreprises sociales se développent mieux avec des avantages fiscaux, douaniers et fonciers.
- Les transitions du secteur informel vers l’ESS est mieux encadré.
- La contribution de l’ESS à la création de richesse nationale et d’emploi ainsi que son rôle de stabilité sociopolitique sont davantage valorisés et renforcés.
Des leçons apprises
Nous retiendrons que malgré la puissance d’un syndicat ad ’hoc de fonctionnaires qui étaient réfractaires à toute proposition d’avantages et facilités visant un meilleur développement des activités l’ESS et une protection sociale garantie pour ses acteurs, avec comme argument que ces dispositions biaisent la concurrence sur le marché, il fallut brandir l’atout de notre légitimité qui est incontournable pour l’adoption de la loi au niveau du parlement.
Entendu que les lois sont des productions sociales qui ont vocation à résoudre les préoccupations des citoyens en un moment donné. A cet effet, le processus d’adoption au niveau du parlement a prévu d’écouter les citoyens titulaires de droits pour s’assurer du bien-fondé, c’est-à-dire si réellement lesdites préoccupations sont prises en compte par le projet à examiner.
La démarche a été certes jalonnée d’écueils entre les hauts fonctionnaires du département surtout en charge de la fiscalité, mais elle a finalement été sanctionnée par l’adoption de l’ensemble des propositions qui prennent en compte toutes les préoccupations des organisations l’ESS dans l’avant-projet de loi.
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